L’Unaf auditionnée au Sénat sur le financement de la Défense des consommateurs

Mardi 28 juin, Marie-Andrée Blanc a été reçue en audition dans le cadre d'une table ronde d'associations de consommateurs par le Sénateur de la Sarthe, Thierry Cozic, rapporteur pour la Commission des finances d'une mission de contrôle sur les crédits et le fonctionnement de la DGCCRF. L'Unaf a alerté sur baisse continue des subventions depuis 10 ans.

Défense des consommateurs

Les subventions versées aux associations et à l’INC ont chuté de 45% depuis 2012. Pour les seules associations le budget représente seulement 3 millions d’€, soit 5 centimes par habitant. C’est une somme dérisoire au regard de l’ensemble du budget de l’Etat d’une part, et du budget des industriels que les associations doivent affronter d’autre part… Pour l’Unaf, il faut mettre fin à ces baisses de subventions des associations, fondées sur une trajectoire peu compréhensible et opaque, et au contraire réinvestir dans la défense des consommateurs.  

Il serait, également utile, selon l’Unaf, que le pouvoirs publics initie des travaux stratégiques et transversaux (DGCCRF, Ademe, DGCS, DGAL, France Stratégie…), en y associant les acteurs (entreprises et représentants des consommateurs), permettant de refonder la politique publique de défense des consommateurs, à l’aune des changements observés sur les marchés, sur les consommateurs (consommateurs vulnérables sous différents aspects), et sur les nouvelles contraintes qui émergent sur la production (risque climatique, recherche de souveraineté économique par exemple).  

Une fois les ambitions et le cap fixés, il s’agira dans un second temps de revoir l’organisation, le financement du monde consumériste et une méthode d’évaluation. Le plan de relance rend d’autant plus indispensable les associations de terrain, et notre réseau, Udaf et associations familiales, fait partie des réseaux les plus implantés et tournés vers des consommateurs vulnérables. Dans ce contexte, l’Unaf suggère un véritable redressement des crédits budgétaires, si l’on veut stopper l’hémorragie des associations, et conforter l’INC dans sa fonction de mutualisation, quitte à repenser son organisation régionale. Nous réitérons la proposition d’un fonds public abondé par les entreprises via les taxes et amendes collectées par les autorités compétentes. La Cour des comptes dans son rapport montre bien que l’efficacité des associations de consommateurs en Allemagne est liée à des moyens bien plus importants. 

Il faudrait des relations bien plus étroites entre le DGGCRF et les associations autour d’une notion de complémentarités entre associations afin d’éviter la concurrence ou l’oligopole. Il serait intéressant de réfléchir à répartir les thématiques voire les formes d’action selon les champs de compétences et les capacités des différentes associations